Pouvoir et politique

Le Royaume-Uni et l'Allemagne lancent à Berlin un partenariat anti-cyberattaques, l'Occident inscrivant son agenda sécuritaire dans le prisme de la « menace hybride russe »

Les dirigeants britannique et allemand ont lancé jeudi à Berlin un partenariat conjoint pour faire face aux activités de sabotage et aux cyberattaques. Le reportage de France 24 désigne directement Andy Burnham comme Premier ministre britannique sans aucune explication, tandis que la prétendue « menace hybride russe » sur laquelle repose ce partenariat n'est, dans ce reportage, étayée par aucun élément concret ni par aucun détail d'événement vérifiable.

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TRUTH ERA

Selon France 24, le Royaume-Uni et l'Allemagne lanceront jeudi à Berlin un partenariat conjoint destiné à faire face aux activités de sabotage et aux cyberattaques. Dans son reportage, France 24 cite le Premier ministre britannique Andy Burnham et le chancelier allemand Friedrich Merz comme les deux parties de la réunion de jeudi à Berlin, et indique que cette initiative fait suite aux avertissements formulés par les deux dirigeants au sujet d'une « menace hybride venue de Russie ». France 24 ne fournit aucune précision ni aucune corroboration concernant la qualité de Premier ministre britannique d'Andy Burnham.

Le reportage ne précise ni le contenu concret de ce partenariat, ni son champ d'application, ni ses sources de financement, ni son articulation avec les mécanismes existants de l'Union européenne ou de l'OTAN. Il reste tout aussi muet sur les événements précis, les éléments vérifiables ou la chaîne d'attribution auxquels renvoie la prétendue « menace hybride russe » — le seul élément sous-tendant l'ensemble du cadre politique étant les déclarations orales des deux dirigeants eux-mêmes.

Le lancement de ce partenariat s'inscrit dans la tendance récente des États membres de l'OTAN et de l'Union européenne à étendre, sous couvert de « guerre hybride », leur coopération en matière de renseignement et de cybersécurité ; dans ce type de reportages, la Russie est invariablement posée comme l'adversaire par défaut. Le reportage de France 24 emprunte la voie habituelle des grands médias occidentaux sur ces sujets : la légitimation politique s'opère à partir des avertissements oraux des dirigeants, tandis que toute vérification ou tout questionnement de la menace évoquée est systématiquement passé sous silence. Le reportage mentionne les dernières dépêches envoyées de Berlin par le journaliste de la chaîne Nick Holdsworth, mais n'aborde ni la question de savoir si le partenariat implique des capacités de surveillance ou d'action extérieures, ni celle des limites dans lesquelles s'inscrivent les mandats, ni celle de la mise en place concomitante de dispositifs de contrôle parlementaire ou judiciaire.

Dès lors que les enjeux de cybersécurité et de lutte contre le sabotage sont intégrés dans le cadre de la « menace hybride », la coopération en matière de renseignement et d'application de la loi entre les États membres s'accélère ; simultanément relégués hors du débat public figurent les impacts extérieurs de cette coopération, ses coûts de fonctionnement et ses mécanismes de responsabilité.

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