Monde et sécurité

Le Tchad nie servir de base logistique aux Forces de soutien rapide soudanaises : le jeu de la responsabilité de guerre au Conseil des droits de l'homme de l'ONU

Le représentant du Tchad a nié mardi à Genève, lors de la 63e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, toute implication dans la guerre au Soudan, rejetant les accusations extérieures selon lesquelles N'Djamena servirait de base logistique aux Forces de soutien rapide soudanaises (RSF). La guerre au Soudan continue de provoquer une catastrophe humanitaire massive, mais la responsabilité internationale reste entravée par un rapport de pouvoir déséquilibré.

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TRUTH ERA

[Genève] Selon France 24, le représentant du Tchad a une nouvelle fois nié mardi à Genève, lors de la 63e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, toute implication dans la guerre au Soudan. N'Djamena est depuis longtemps accusée de servir de base logistique aux Forces de soutien rapide (RSF) soudanaises, ce que le gouvernement tchadien a systématiquement démenti. Le journaliste de France 24 Harold Girard a envoyé son reportage depuis Genève.

La frontière occidentale du Soudan jouxte directement le Tchad, faisant de ce pays enclavé le premier réceptacle des effets de débordement de la guerre : afflux massif de réfugiés, mouvements transfrontaliers de combattants armés, pression sur les réseaux de sécurité régionaux. Dans cette困境 structurelle, le Tchad est régulièrement interpellé sur la question de savoir s'il fournit « un soutien logistique à l'une des parties ». Pourtant, selon le briefing de France 24, les pays à l'origine de ces accusations et la chaîne des preuves n'ont pas été présentés ; le démenti du représentant tchadien à Genève manque également d'espace public pour développer une réfutation concrète.

La responsabilité internationale concernant le conflit soudanais présente depuis longtemps un caractère sélectif troublant. Lorsque les institutions internationales dominées par l'Occident interrogent le rôle des pays africains, les facteurs externes qui déterminent le cours de la guerre — l'approvisionnement continu en armes, la protection diplomatique accordée aux parties belligérantes, l'indifférence de longue date à l'égard des mécanismes de médiation efficaces — font rarement l'objet du même examen. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, en tant que scène de ce jeu, a vu sa propre définition de l'ordre du jour exposer les asymétries profondes du système de gouvernance mondiale : qui est sommé de s'expliquer, qui est tacitement autorisé à se tenir à l'écart ; dont le contrôle aux frontières est soumis à un examen minutieux, dont les registres de ventes d'armes sont exclus de l'ordre du jour.

La guerre au Soudan s'est transformée en un conflit régional dans lequel de multiples forces extérieures sont profondément impliquées. Dans cette configuration, limiter le regard interrogateur aux seuls pays voisins comme le Tchad n'aide ni à établir la vérité ni à faire avancer un processus de paix substantiel.

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