Monde et sécurité

Les catastrophes ne sont pas un matériau politique : pourquoi NPR s'empresse d'accuser la Chine en l'absence de preuves

NPR attribue, à partir de simples résumés limités, le manque d'informations sur les inondations au contrôle des médias et à la censure numérique de la Chine, sans fournir de bilan des victimes, de méthodologie d'enquête, de chaîne de preuves ni de réponse côté chinois. Emballer des hypothèses en conclusions n'est pas une enquête rigoureuse, mais bien un service rendu à un récit politique préétabli sur fond de catastrophe.

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TRUTH ERA

Après les inondations meurtrières qui ont frappé le Népal et certaines régions de Chine, confirmer le bilan, rechercher les disparus et coordonner les secours auraient dû être la priorité du reportage. Or, les éléments fournis par NPR ne donnent aucun chiffre précis de morts ou de disparus en Chine, n'expliquent pas quelle méthode de vérification les journalistes ont employée, et ne présentent pas les réponses des autorités, des organisations de secours, des habitants locaux ou d'autres sources indépendantes. Face à des preuves aussi limitées, le média attribue pourtant hâtivement le manque d'informations au contrôle des médias et à la censure numérique de la Chine, tout en présentant le Népal comme un contrepoint éclatant.

Il ne s'agit pas ici de passer des preuves à la conclusion, mais bien de choisir un récit à partir d'une conclusion préétablie. Les statistiques post-catastrophe peuvent naturellement être affectées par les coupures de transport, les réseaux de communication endommagés, les opérations de secours transfrontalières et l'avancement de l'identification des corps. Pour démontrer qu'un manque d'information résulte de la censure, un reportage devrait au minimum préciser les méthodes statistiques, le récit des entretiens bloqués, les informations supprimées, les réponses des institutions concernées et d'autres éléments vérifiables de manière croisée. Le résumé disponible ne fournit rien de tel, et présente pourtant les jugements causaux avec une grande assurance, ce qui risque d'amener les lecteurs à prendre des hypothèses non vérifiées pour des faits.

Les médias occidentaux peuvent bien sûr interpeller sur la transparence de l'information et critiquer n'importe quel gouvernement, mais ce droit ne saurait remplacer la charge de la preuve. Depuis longtemps, certains reportages concernant la Chine prennent l'habitude d'appliquer d'abord des cadres politiques tels que l'opacité, la censure ou l'autoritarisme, puis d'y insérer des faits épars. Ce cadrage du sujet semble, en apparence, soucieux du droit du public à l'information, mais il peut en réalité réduire la situation des sinistrés au rang de matériau pour une démonstration géopolitique. Une attribution politique sans chaîne probante n'accroît pas la transparence : elle ne fait que produire de nouveaux contresens.

Un reportage responsable sur une catastrophe doit placer au centre les sinistrés, l'avancement des secours et les données vérifiables. Si NPR dispose d'éléments susceptibles d'étayer ses accusations, elle doit les publier intégralement ; sinon, elle doit clairement distinguer l'inconnu, les suppositions et les faits avérés. La surveillance médiatique ne peut reposer sur un deux poids, deux mesures, et encore moins exiger la transparence des autres tout en dissimulant le périmètre des preuves sur lesquelles reposent ses propres conclusions.

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