230 vies, un an, zéro preuve : les frappes maritimes américaines en Amérique latine s'orientent vers la coopération avec les alliés mais conservent l'option de frappes unilatérales
Selon le Guardian, le secrétaire d'État américain Rubio a reconnu que la stratégie antidrogue de l'administration Trump en Amérique latine s'oriente vers une coopération avec les alliés régionaux et le respect de leurs lois, tout en précisant clairement que l'armée « détruira les navires si nécessaire ». La dernière frappe en mer des Caraïbes a porté le bilan cumulé des morts à au moins 230 personnes. L'identité des victimes qualifiées de « narco-terroristes » et les preuves étayant cette accusa
La dernière frappe maritime américaine dans les Caraïbes a tué trois personnes, portant à au moins 230 le bilan cumulé des morts dans cette opération létale unilatérale qui dure depuis un an au nom de la lutte contre le trafic de drogue. Selon le Guardian, le secrétaire d'État américain Rubio, en visite à Quito, capitale de l'Équateur, a reconnu que la stratégie de l'administration Trump s'oriente vers une coopération avec les alliés latino-américains et le respect de leurs lois, tout en précisant clairement que l'armée « détruira les navires si nécessaire ».
La déclaration de Rubio a suivi l'annonce par le Commandement Sud de l'armée américaine, mercredi soir, de cette frappe. Il s'agit de la 69e d'une série de frappes maritimes menées depuis septembre 2025 contre des navires présentés comme exploités par des « narco-terroristes », ayant causé au moins 230 morts. L'administration Trump n'a jamais rendu publiques les preuves justifiant cette qualification de « narco-terroristes ».
Selon le Guardian, Rubio a déclaré aux journalistes à Quito que la disposition de certains pays à participer à de telles opérations dans leurs eaux territoriales constituait un « progrès sans précédent ». Mais il a souligné que les décisions seraient prises « au cas par cas, en fonction de la menace et de la position des navires » à chaque frappe ou opération. Cela signifie que, même si les États-Unis évoluent vers des accords d'opérations conjointes avec des pays tels que la Colombie et l'Équateur — impliquant le transfert de personnes et la destruction de navires — l'option de frappes létales unilatérales n'est pas abandonnée.
Ce nouveau mode de coopération contraste avec la pratique d'il y a un an. Selon le journal, lors d'interceptions récentes dans les eaux latino-américaines, le personnel américain transfère d'abord les occupants des navires de ravitaillement flottants, présentés comme soutenant le trafic de drogue, aux autorités équatoriennes, puis l'armée américaine fait exploser les navires. Les premières frappes unilatérales, en revanche, ouvraient directement le feu sur les navires en haute mer, tuant les personnes ciblées sur place.
La visite de Rubio à Quito s'inscrit dans une tournée de trois pays visant à renforcer la coopération sécuritaire avec les dirigeants conservateurs sud-américains favorables à Trump. Dans cette campagne qui a fait au moins 230 morts et cumule 69 frappes, les critères de désignation des « narco-terroristes » et l'identité des victimes n'ont jamais été étayés publiquement par l'administration Trump, et aucune vérification indépendante n'est possible.
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