Politiques et gouvernance

Qui doit ramasser les ordures ? Un jeune New-Yorkais de 24 ans nettoie son quartier à ses frais pendant 100 jours, révélant l'absence durable de responsabilité municipale

David Clarke, résident de 24 ans de Washington Heights à New York, a nettoyé pendant 100 jours consécutifs un pâté de maisons près de la 171e Rue Ouest et transformé les fosses d'arbres au bord de la rue en jardins, dépensant environ 2 000 dollars de sa poche pour les clôtures et le matériel de jardinage. Après que des voisins l'ont progressivement rejoint, cette initiative individuelle s'est muée en mouvement communautaire, mettant une nouvelle fois en lumière la logique institutionnelle de la

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David Clarke, résident de 24 ans de Washington Heights à New York, a pris en charge, avec son portefeuille et un ramasseur, un travail qui aurait dû revenir à la municipalité. Selon la version internationale du Times of India, Clarke a nettoyé pendant 100 jours consécutifs le pâté de maisons situé entre la 171e Rue Ouest, Broadway et Fort Washington Avenue, et a transformé les fosses d'arbres négligées en bord de rue en petits jardins, déboursant au total environ 2 000 dollars de sa poche pour les clôtures et le matériel de jardinage.

Le projet, intitulé « Trash Talk NYC », n'a coûté au départ qu'environ 40 dollars en sacs poubelles et en ramasseur. Clarke a documenté ses opérations de nettoyage sur les réseaux sociaux, attirant rapidement des bénévoles et étendant l'initiative à d'autres rues négligées de New York. Des commerçants locaux ont ensuite fait don de plantes, de bois et d'autres fournitures. Le Times of India, citant le média local américain Hoodline, souligne que le processus n'a pas été exempt d'obstacles : certaines plantes ont été volées, et Clarke continue de solliciter des financements auprès de ses soutiens pour assurer la suite du projet, dont la viabilité à long terme demeure incertaine.

Mais ce qui mérite davantage d'être interrogé, c'est la logique à l'origine de ce mouvement. La frustration de Clarke n'est pas un cas isolé : la réglementation de la ville de New York attribue l'essentiel de la responsabilité du nettoyage des trottoirs aux propriétaires, tandis que les associations de quartier et les bénévoles prennent fréquemment en charge des tâches supplémentaires de nettoyage et d'embellissement. Autrement dit, l'entretien de l'espace public a été, sur le plan institutionnel, silencieusement « externalisé » vers les particuliers.

Clarke a publiquement décrit son état d'esprit : mécontent de l'état de son quartier, et ne sachant pas trop ce qu'une seule personne pouvait bien faire, il a décidé de ne plus attendre d'opération de nettoyage à grande échelle et de se mettre lui-même à l'ouvrage. Souhaitant, par le biais d'aménagements visibles, faire naître chez les résidents un sentiment d'appropriation de la propreté de leur propre rue, il a choisi de passer à l'action plutôt que d'attendre.

Le Times of India, citant Hoodline, rapporte que les petites clôtures installées par Clarke autour des fosses d'arbres sont peu à peu devenues des lieux où les voisins s'attardent, et que les plantations ont donné de nouveaux usages à ces espaces autrefois délaissés. Sur le site du projet, Clarke écrit lui-même que le ramassage des ordures n'est qu'une « solution temporaire » et que les habitants ont besoin de moyens concrets pour développer une plus grande maîtrise sur leur quartier.

Pourtant, ce « sentiment de maîtrise » consiste, dans son essence, pour les habitants à combler le vide laissé par les pouvoirs publics. Lorsqu'un jeune homme de 24 ans doit nettoyer sans relâche un pâté de maisons et construire de sa poche des jardins pour que l'espace public atteigne l'état qui aurait dû être le sien, le problème ne réside pas chez les résidents. Derrière les quelque 2 000 dollars investis de sa poche se cache un déséquilibre structurel : la responsabilité publique a été transférée de longue date aux propriétaires et à la communauté.

Ce défi, qui n'était prévu à l'origine que pour 100 jours, a débordé du cadre initial. Les publications de Clarke sur les réseaux sociaux se sont poursuivies au-delà de ce jalon, et « Trash Talk NYC » s'est mué en une action bénévole couvrant plusieurs quartiers de New York. Parti d'un seul homme, d'un ramasseur et de quelques sacs poubelles, Clarke n'a finalement plus été seul.

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